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LA FACE CACHÉE DU LAIT D'ÂNESSE.

LA FACE CACHÉE DU LAIT D'ÂNESSE.

 

Bienvenue dans cette nouvelle catégorie que j'ai choisi de nommer "mes enquêtes". Son but ? Faire prendre conscience. Les résultats des articles de cette catégorie sont essentiellement le résultat de 90% de travail de terrain. À la fin de l'article vous serez libre de continuer à consommer en tout état de cause.

Mais vous serez informés et vous ferez cela en plein état de conscience. Par ailleurs, je vous invite à partager cet article autour de vous, le but c'est qu'un maximum de personnes soient conscientes de leurs actes. Car bien souvent elles ignorent ce qu'elles font et sont elles-même victimes du système.

Le vendeurs et professionnels que j'ai interrogé ont bien voulu répondre à mes attentes et questions. Aucuns noms ne sera cités dans cet article et leur anonymat sera préservé.

 

 

NÉCESSITÉ COSMÉTIQUE ?

 

Comme vous le savez déjà, la majorité des cosmétiques et leurs accessoires contiennent des ingrédients d'origine animale et/ou sont testés en laboratoires. Le lait fait partie de ces ingrédients et on le trouve sous différentes formes, visible sur les étiquettes des emballages cosmétiques sous les noms suivants :

 

> whey protein (protéine de lait)

> yogurt (yaourt)

> milk protein (protéine de lait)

> lactis lictis lipida (graisse de lait)

> caprac lac (lait de chèvre)

> lacta asinus (lait d'ânesse)

> lac (lait de vache)

> butyris lac (lait fermenté)

> butyrum (beurre)

 

Concernant l'acide lactique, sachez qu'elle peut être d'origine animale (lait), végétale ou synthétique. Personnellement j'ai préféré "arrêter" de lire les étiquettes pour m'investir dans les DIY, et faire un maximum de choses par moi-même.

Pour ceux & celles qui souhaitent garder néanmoins cette habitude je rappelle qu'il faut cependant bien faire la distinction entre la notion de cruelty-free, qui signifie non-testé sur les animaux et la notion de vegan, qui en plus d’être cruelty-free, signifie que les produits ne contiennent aucun ingrédient d’origine animale.

Enfin, ne confondez pas BIO et VEGAN ! Un produit bio n'est pas forcément vegan et respectueux des animaux, si il ne possède pas les labels appropriés. Pour avoir plus d’infos sur les différents labels, rendez-vous ICI ! (clic !).

 

LA FACE CACHÉE DU LAIT D'ÂNESSE.

 

"L'ENQUÊTE TERRAIN" DE BEAUT'ÉTHIQUE

LE LAIT D'ÂNESSE & LA COSMÉTIQUE.

 

Ce produit ne date pas d'y hier mais est devenu très à la mode, et petit à petit je le vois prendre de l'ampleur autour de moi, que ça soit dans les supérettes, les magasins bio, sur les étals des marchés ou bien encore sur les sites d'achats en ligne. Son utilisation est de plus en plus prisée dans la cosmétique.

Ce produit, connu dès l’antiquité et associé à la "belle" Cléopâtre qui devait déjà trouver “qu’elle le valait bien”, peut-il faire rêver ?

 

Le sort des ânesses utilisées pour cette activité cosmétique m'interpelle. Que deviennent les ânons qui partagent ce lait avec des humain(e)s en quête de douceur et de sensation nouvelle pour leur peau ? D'où vient ce liquide à qui on prête des vertus uniques et incroyables uniquement pour faire vendre ?

 

Après plusieurs enquêtes, je me suis rendu compte qu'en France on ne parle nullement des coulisses de cette exploitation ! Cela m'a intrigué et j'ai voulu en savoir plus ... En effet, je ne peux pas m'empêcher de faire le lien entre l'ânon et le veau. Sur le site de "l'association Brigitte Bardot", on peut voir un agriculteur qui sépare le veau de sa mère. Voir cette maman vache courir après la camionnette dans laquelle est emmené son petit, est tout simplement monstrueux.

Pour avoir du lait le procédé reste le même, pour n'importe quel mammifère (humaine y compris), avoir du lait nécessite de donner naissance ... Et comme nous ne vivons pas dans "le monde des bisounours" mais bien dans une société spéciste, je me pose des questions ...

 

 

Voici le point de vue de l'association ADADA à qui a été demandé si ils étaient pour ou contre le lait d'ânesse :

 

“Pour ou contre les produits au lait d’ânesse ? C’est une question délicate. Il faut partir d’un constat : pour avoir du lait, une ânesse doit avoir un petit.

L’utilisation du lait d’ânesse à des fins commerciales, pour la fabrication de produits cosmétiques notamment, suppose donc la naissance d’ânons, d’autant plus nombreux que l’élevage est important. 

Que deviennent ces ânons ? Les femelles sont en général gardées pour la reproduction … et le lait. Mais l’avenir des mâles est plus problématique.

Certains fabricants de produits à base de lait d’ânesse sont réellement soucieux du devenir de leurs ânons, nous connaissons de petits élevages très sérieux, qui font le maximum pour placer les ânons dans de bonnes conditions.

Mais dans les grands élevages, c’est moins garanti. De plus, aujourd’hui, avec l’engouement pour ce type de produits, la production augmente et la taille des élevages aussi, ce qui, pour nous, n’est pas une bonne chose. 

Il y a quelques années, nous avions proposé des produits à base de lait d’ânesse dans la Boutique ADADA. Mais aujourd’hui nous avons cessé, et notre position est de ne pas soutenir directement ces produits, puisque nous n’avons aucune garantie quant à l’avenir des ânons.”

 

Tentative de réconfort, au refuge "Aide Aux Ânes" pour cet ânon séparé trop tôt de sa maman.

Tentative de réconfort, au refuge "Aide Aux Ânes" pour cet ânon séparé trop tôt de sa maman.

 

Et voici ce que dis le site internet "aroma-zone", sur les ânesses dont est issu le lait dans leurs savons vendus en ligne :

 

"L'élevage de (....) compte actuellement une trentaine d'ânesses de race "Âne du Cotentin". Ces ânesses vivent en plein air sur des herbages et mangent toute l'année du foin produit à la ferme.

 

L'ensemble de la ferme est certifiée agriculture biologique ainsi que le lait des ânesses. La traite ne commence qu'au bout de 2 mois minimum après la naissance de l'ânon et se limite à 200 à 300 ml de lait par jour au démarrage car l'ânon a besoin de beaucoup de lait. Selon la croissance de l'ânon, au bout de 6 mois, il est possible de passer à 2 traites par jour. Au bout d'un an, on peut espérer prélever environ 1 litre de lait par ânesse par jour, selon l'ânesse et l'ânon.

 

Les ânons sont sevrés le plus tard possible, toutes les femelles sont gardées à la ferme et les mâles sont vendus, mais pas avant l'âge de 14 à 16 mois. La race "Âne du Cotentin" étant une race en voie de disparition, les ânons sont vendus comme animaux de compagnie et bien sûr pas pour l'abattoir."

 

 

 

Personnellement, il y a plusieurs points que j'aimerai éclaircir, en partant du principe que ces animaux sont utilisés sans leur autorisation et donc rendu en esclavage ne jouissant pas de leurs droits puisque nous décidons de leur choix, leur imposant une vie qu'ils ne choisiraient certainement pas si ils étaient libres. De plus, ces animaux utilisés pour notre soif de luxure sont en voie de disparition. Ça n'interpelle personne ?

 

 

Les ânons sont TOUS adoptés, (si on écoute les éleveurs). Donc là je me pose encore une question, en partant du principe qu'ils seraient tous adoptés, (oui je me pose beaucoup de questions quotidiennement ... ;-) Qui est-ce qui adopte un ânon ? Car personnellement, je ne connais personne qui a adopté un âne dans mon entourage ... Et vous ?

 

 

En gros, maman est inséminée, bébé naît, il est vendu ou proposé à l'adoption (sourire)on prélève le lait de maman (comme une vache dîtes laitière nous sommes d'accord), une fois que maman n'est plus assez rentable et/ou trop abîmée par la vie on l'envoie à l'adoption, (mais où donc ?). Quant à papa âne, et bien une fois son rôle masculin achevé, sa destination serait l'adoption aussi ? (l'abattoir ainsi que la boucherie chevaline ? est-ce envisageable ?).

 

 

Mes mots ont un impact mais à un certain moment le consommateur doit se poser des questions. Le milieu du lait d'ânesse est trop caché et est un sujet tabou dans notre pays. De plus boycottant le lait de vache il serait incohérent de ne pas boycotter le lait d'ânesse ...

 

 

 

Parallèlement, j'ai rencontré une association du nom de "Aide Aux Ânes" qui décrit qu'elle récupère des ânes ABANDONNÉS souvent dénutris et ayant très peur de l'humain (mais sinon les éleveurs sont gentils et aiment leurs ânes c'est bien connu). Voici ce qui m'a été rapporté :

 

"Le refuge d’ânes "Aide Aux Ânes" ne prend plus de nouveaux ânes depuis un certain temps. Ceci parce que s’occuper tout seule de plus de 90 ânes est en réalité déjà beaucoup trop. Si j’avais accueilli chaque âne qui m’a été et qui m’est encore proposé, il y aurait plus de 1000 ânes au refuge. Et je n’exagère vraiment pas. Chaque jour, et de chaque région de France, on me propose des ânes. Et comme je souhaite garder un bon niveau de soin pour tous les ânes qui sont au refuge, je ne peux pas en accueillir plus. Ce serait au détriment de la qualité."

 

 

Abandonnés puis recueillis par l'association.

Abandonnés puis recueillis par l'association.

 

Pour en savoir plus sur le sujet, j'ai pris contact avec des Asineries (c'est le joli nom donné aux industries d'ânesses) qui se donnent une image de petites exploitations sérieuses et familiales aimant leurs animaux et n'élevant que des races en voie de disparition (mythe du sauveur ?) me certifiant ainsi ne pas envoyer leurs ânes à l'abattoir mais les proposer à l'adoption une fois la retraite arrivée.

 

 

La société spéciste dans laquelle nous vivons ne conférant aux animaux non humains qu'un avenir peu glorieux, ma crainte est que, par mode, et par gain d'argent, les industries d'ânesses prennent de l'ampleur.

 

Le lait d'ânesse utilisé dans certaines cosmétiques "bon marché" vendus en France proviennent d'autres pays dans le monde où les méthodes de travail sont barbares et où les animaux sont exécutés et laissés à l'abandon une fois leur tâche achevée par l'éleveur lui-même ... (je n'ai pas voulu mettre d'images choquantes mais mes dires sont largement vérifiables sur la toile).

 

 

Consommer ces cosmétiques c'est tout simplement cautionner et encourager cette exploitation. Les refuges n'ayant plus de place pour accueillir ces ânes laissés à l'abandon, où vont ceux qui n'ont pas été recueillis ?

 

 

Et bien entendu, je pense aussi à toutes les autres espèces animales non humaines, qui sont exploitées quotidiennement pour leur lait (vaches, chèvres, brebis, juments, bufflesses ...) et à qui, le traitement similaire est apporté. (sauf si elles aussi sont toutes adoptées, Joke !). J'insiste également sur le fait qu'un produit bio n'est pas forcément éthique et/ ou plus sain pour la santé humaine ! La conclusion reste la même pour les animaux. Seul le boycott peut faire cesser une exploitation. Je vous laisse faire la/les conclusions par vous-même ...

 

 

L'alternative végétale existe déjà et des marques comme "PACHAMAMAÏ" le démontre en proposant un shampoing solide au lait de riz ! 

 

 

 

"Sweetie" le shampoing solide démélant au lait de riz !

"Sweetie" le shampoing solide démélant au lait de riz !

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Agathe 08/07/2017 22:49

Très bon article, merci!
Mais par contre moi j'habite à la campagne et je connais au moins 3 personnes qui ont un âne, certaines aimes avoir des poules pour les œufs et un âne pour manger l'herbe de leur terrain (souvent des anciens agriculteurs) donc à la campagne ce n'est pas rare de voir des "ânes de compagnie" :)

Lora Andress (Beaut'éthique) 21/07/2017 10:49

bonjour à toi et merci pour ton commentaire !
désolée pour le retard de ma réponse, je prépare la rentrée ... ^_^
oui je comprends bien ce que tu veux dire, moi-même venant de la campagne bretonne ... si l'animal est heureux je pense que c'est le principal. Beaut'éthique va bientôt parler de "communication animale" d'ailleurs. À très vite et bonnes vacances !

Affectueusement Votre 20/04/2017 10:05

Complètement d'accord avec toi !
Et puis je suis fan de Pachamamai :)